CAUSERIE 4 de la Tortue: et si l'on parlait de l'évolution de l'homme ?

 

Les hommes aiment bien parler d'évolution et surtout de l’évolution des espèces, tout en se demandant probablement ce que le sort peu bien leur réserver. Cela me laisse perplexe! La tortue que je suis appartient, c'est bien connu, au groupe des Chéloniens qui serait apparu il y plus de deux cents millions d'années et qui n'aurait pratiquement pas évolué. C’est donc avec un petit sourire en coin que j'entre dans le sujet.

En premier lieu, je veux bien que l'on parle d'évolution, mais, de grâce ! ne confondons pas "évolution" et « progrès » comme le font certains. Chez les hommes modernes, les sens de ces deux mots ont tellement convergé qu’ils sont presque devenus synonymes. Quel abus!

De plus, il faudrait distinguer entre évolution physiologique ou biologique et évolution psychologique. Je crains que l'homme ne soit intrigué par la première lorsqu'il s'interroge sur le passé, mais qu'il ne considère que la seconde quand il s'inquiète pour son avenir.

 

EVOLUTION MAIS PAS PROGRES

Non, la tortue que je suis, vous affirme, de haut de sa sagesse légendaire, que les espèces ne sont pas en progrès. Et pourquoi y aurait-il progrès entre une bactérie et une tortue? Entre une grenouille et un être humain? Assurément, il y a un accroissement apparent de la complexité. Il doit aller de pair, d’ailleurs, avec une augmentation de la fragilité. Soyons donc modestes et parlons seulement de différences de niveau.

Ce que l'on peut constater, toutefois, c'est que les organismes inférieurs exercent souvent une certaine domination grâce à leur nombre ou par une habileté particulière qu'ils ont pu acquérir. Notons bien au passage que plus de 99 % des êtres vivants sont des bactéries. La plupart des espèces sont donc encore au stade unicellulaire.

Bien souvent donc, les formes les plus complexes deviennent si fragiles qu'elles disparaissent. Tandis que les inférieures, plus robustes se révèlent impérissables. Aussi voit-on, dans certaines sociétés, les plus forts, les exceptions, les génies affronter sans espoir de succès, sinon de survie, les troupeaux organisés, la résistance entêtée des faibles et du plus grand nombre qui a pour lui la durée et une fécondité intarissable. Tout cela, même votre médecin, s’il est un tantinet philosophe, pourrait vous le confirmer.

Désolé Darwin, de remettre en question "le progrès de l'espèce", ainsi que son origine dans la « prépondérance des êtres les plus forts"! Mes vieilles cousines géantes des Galapagos que tu avais si bien traitées, ne me pardonneraient pas, sans doute, autant d'impertinence à ton égard!

Pourtant, me direz-vous, la conscience des hommes ne vous semble-t-elle pas un progrès par rapport au vieil instinct qui, seul, semble guider les animaux?

 

 

UN OUTIL MAL PARTAGE

Certes, je vous accorderai bien volontiers, Chers Humains, que votre conscience, si elle n'a pas perceptiblement relevé le niveau de votre espèce, lui a conféré une certaine patine qui ne manque pas d’originalité. Je parle ici de conscience intellectuelle bien évidemment.

Encore que cette conscience, si spéciale, fasse cruellement défaut à la plupart d'entre vous. Il faut bien dire que, d’une manière générale, vos Grands Hommes n'ont été ni des guides irréprochables, ni des pédagogues distingués, ni de parfaits modèles, en la matière. Philosophes, fondateurs de religions, grands moralistes  ne vous ont pas toujours soutenus dans cette construction cyclopéenne d'une conscience digne de ce nom. Aussi sa rareté n'a-t-elle d'égale que la cyclopéenne stupidité d'une majorité des esprits humains.

 

Enfermés dans des mots, dominés par le préjugé d'une perception par contrastes, ils se révèlent incapables de saisir la réalité des choses. Ainsi en connaissez-vous beaucoup qui peuvent déceler les traces de la cupidité dans l'amour, de l'égoisme dans la compassion ou la générosité, de la peur dans l'héroisme ? En rencontrez-vous souvent qui soient conscients de l’existence d’erreurs et de mensonges dans la vérité, de déraisons dans la raison, de vanité dans l'humilité ou la modestie? Sont-ils légions ceux qui devinent la présence de sentiments de vengeance dans la reconnaissance et de plaisir dans la cruauté? 

Quant au libre penseur est-il vraiment, lui , un esprit libre?

Pardonnez-moi ! Je voulais juste donner une idée de l'étroitesse du champ de la conscience.

 

UN INSTRUMENT PEU EFFICACE

Je ne veux pas dire qu'il devrait être à la portée de tout un chacun de se frayer un chemin dans "l'harmonie discordante des choses". Il s’agit, pour moi de procéder à de simples obversations.

Celles-ci nous conduisent à penser que la conscience est encore un outil bien fragile: le dernier venu dans le domaine organique. Et les physiologistes le savent bien car ils ont pu l’observer: une fonction nouvelle, lorqu'elle est en train de se constituer, expose l'organisme qui en bénéficie, à de grands dangers. La conscience est fragile, imparfaite et peu fiable, elle est surtout, à plus d’un titre, moins efficace que l'instinct. D’aucuns ont même avancé qu’elle serait une maladie faisant courrir les plus grands risques à l’humanité.

 Rendons service aux humains, ma chère grenouille, rappelons-leur que ce qu'ils appellent, non sans un certain sentiment de supériorité, "fonctions animales", est autrement important que leur conscience. Il est même très vraisemblable que la conscience la plus haute soit toujours au service des fonctions animales primordiales.

 

L'AVENIR DE L'HOMME

Et l'avenir de l'homme dans tout cela?  Rien n'est plus difficile à prévoir. Même pour la tortue, animal auquel ses devins attribuaient, jadis, une véritable connaissance de son avenir cachée dans les formes, les motifs et les dessins de sa carapace. (Pardonne ma vanité ou ma fausse modestie, Chère Grenouille ! Comme tu le sais, seul le genre humain nous dépasse dans ce domaine.)

Dans une première approche et, s’il le faut, pour ouvrir un débat qui pourrait être passionnant, j'identifierais, avec toute la prudence dont je suis capable, trois directions que l'humanité pourrait emprunter: celle que leur montrent les fourmis ou les abeilles dont les sociétés ont atteint un degré de perfection exceptionnel et qui n'ont rien à envier à certaines formes d'organisation de sociétés humaines, celle de l'extinction pure et simple de leur espèce, celle enfin de la création d'une nouvelle humanité dont la conscience, aprés avoir su se libérer de ses nombreux préjugés, aurait pris le temps de se purifier.

Cette troisième voie que la gent qui porte carapace préconise depuis la nuit des temps - ses légendes et ses mythes chez les humains en font foi - ne commencerait-elle pas par une recherche modeste mais nécessaire des conditions qui conservent la vie?

 

Ton amie Kurma.

 Ainsi parlait la Tortue le 15/04/07 ...

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Réponse 1 du Castor

Chère Tortue
Tu veux, peut-être, savoir comment j'ai évolué et si je me suis bien développé au cours des millénaires.
Ce n'était pas difficile.
Au début je me déplaçais à quatre pattes.
Maintenant je me tiens debout.
Au début je me nourrissais de plantes et de viande en vue de survivre.
Maintenant je tue des animaux pour me sentir bien à l'aise, le ventre plein et l'âme en fête.
Au début je poussais des cris indistincts exprimant peur ou joie.
Maintenant je ne cesse pas de parler, d'une voix changeante selon le cas, en faisant un grand bruit autour du monde,
tel un Parlement.
Dois-je continuer pour te convaincre de mon évolution parfaite?

Non, n'est-ce pas, car tout est visible, irréductible, crédible.
Moi qui suis omnipuissant, je peux transformer ta copine la Grenouille en un plat délicieux et coûteux et ta carapace- en un objet laqué décorant les vitrines des snobs riches.

Tu vois, je peux tout- créer, dévaster, aimer, détester. Je maîtrise l'Univers. car j'ai Evolué, je ne suis pas comme toi,

une simple Tortue, connue pour sa fidélité naïve et la lenteur de ses pattes, au lieu de quitter sa maison et se mettre derrière le volant d'une mercedes.
Dis-moi, chère Tortue, me suis-je bien développé? Les têtes savantes disent Oui, car j'ai inventé la roue, l'électricité, Internet.

Bravo! Flatté et confus à la fois, je continue:  la bombe atomique, les gratte-ciel et l'aliénation, car l'argent me fascine avec le tintement de son métal et le froissement de son papier en soie et me rend sourd aux souffrances des souffrants.
Est- ce que tu sais où nous allons, moi, mon fils, son fils? Car je le sais- vers un point final après lequel il n'y a plus de développement, mais là, l'Evolution continue. Vers ce point final, je ne voudrais aucunement m'approcher triste, déçu et insatisfait.

Alors, quoi faire? Accepterais-tu de te rejoindre pour retrouver chez toi ce que je n'ai pas eu au cours du temps, tout pressé de me développer de plus en plus?

 Je voudrais  très fort imiter ce que Mark Twain avait fait:

" Quand les brutalités des hommes m'auront dégoûté   suffisamment, j'irai chez les animaux.
  Là, je chercherai l'humain." 

 

 Ainsi parlait le Castor le 25/04/07 ...
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 Réponse de la Grenouille à la Causerie 4 de la Tortue

La Grenouille au pays des merveilles

Chère Kurma,

Ta sagesse m’émerveille.
J’ai été convaincu par la sagesse de tes réflexions sur l’évolution de l’univers et l’avenir de nos frères humains .
Je me suis émerveillé aussi de la longévité et de la stabilité de ta vie en apprenant que ton espèce de Chélonien est apparue il y a plus de deux cents millions d’années et qu’elle ne
révèle aucune marque d’évolution  ,
Quel pied de nez à ton ami Darwin !
Il n’est pas étonnant que les humains aient fait de toi  un symbole d’immortalité
et qu’ils se soient servi des hiéroglyphes de ta carapace pour deviner l’avenir .

Tu oublies par modestie de dire également que les humains t’attribuent dans leurs mythes
le rôle de cosmophore, c’est-à-dire de porteur de l’univers et que .ta carapace a servi
à Hermes à faire une cithare dont la musique charmait les dieux de l’Olympe.
Quant à moi, ma vie de batracien est bien courte et quelconque comparée à la tienne.
Mais elle a aussi ses merveilles comme les métamorphoses de mes enfants têtards. 
Les humains ont fait de cette capacité de métamorphose un  symbole
de résurrection – renaissance, révolution - permanente .

Ils ont interprété mes coassements printaniers si disgracieux comme des chants d’amour
et m’ont parfois transfiguré dans les contes en prince charmant .

C’est pourquoi je considère l’univers des humains comme un pays de merveilles
où l’amour est un principe de base.
Je te vois cligner de l’œil et sourire, Chère Kurma . Tu  trouves sans doute que

mes sentiments de grenouille sont humains, trop humains…
Tu dois surtout te demander en quoi mes sentiments peuvent contribuer  à répondre

aux deux questions qui nous préoccupent :

«  D’où venons-nous ? Où allons-nous ? »
Le débat actuel entre partisans du Créationnisme et ceux de l’Évolutionnisme

rendent ces questions plus que jamais d’actualité
Tes réflexions sur les problèmes d’Evolution, de Progrès , de Conscience et d’Avenir de l’humanité éclairent ce débat.
Mais il m’a semblé distinguer dans tes réflexions une tendance néo-évolutionniste.
Ce n’est là qu’une impression qui m’a été inspirée par l’amitié que tes arrière-grand-mères
ont liée aux îles Galapagos avec Darwin, le père de l’Évolutionnisme.

Les règles de la controverse appelant à se contredise , je vais adopter pour te répondre
une tendance néo-créationniste en m’interrogeant sur la place qu’ont dans l’Évolution   
les Merveilles ,  les Miracles et les Mythes.

 

Les  merveilles de l’Univers sont-ils des produits du hasard ?

 

L’univers et toutes ses merveilles ne sont pas les produits du hasard.
C’est  la conception d’un Créateur unique à l’intelligence, aux pouvoirs et à la sagesse
surnaturels. Ce Créateur c’est Dieu .Le récit biblique de la Génèse décrit
les étapes de sa création et comment Il a créé sur terre  toutes les formes de vie,
notamment le couple originel de l’espèce humaine , Adam et Éve..
Voici ce qu’affirment les  partisans du Créationnisme .
Faux, répondent les partisans de l’Évolutionnisme. Les processus de développement
de l’Univers et d’apparition de la vie sur terre se sont effectués par hasard à partir d’éléments

chimiques inanimés. Cette matière inanimée a produit des cellules autoreproductrices
qui se sont développées pour former des êtres vivants toujours plus complexes parmi
lesquels se trouvent les espèces de Primates auxquelles se rattache l’espèce humaine. .
Nulle intervention divine à prendre en compte dans ces processus d’évolution.

La Génèse n’est qu’un récit mythique qui doit être interprété d’une manière symbolique
Voilà ce qu’affirment les Évolutionnistes qui fondent leurs convictions sur la théorie scientifique de l’Évolution révélée par Charles Darwin dans son ouvrage
« Sur l’origine des espèces par la voie de la sélection naturelle » paru  en 1859.
Date fatidique pour nos frères humains !
La brutalité de la nouvelle selon laquelle l’origine de l’Homme était animale

a eu l’effet d’une bombe et les tenants de la théorie de Darwin furent considérés

comme des terroristes matérialistes
Tu connais, Chère Kurma, la fierté des Humains en dépit, comme tu  dis ,
de  «  la cyclopéenne stupidité d'une majorité des esprits humains»
L’Homme descendrait du singe ?

Quelle nouvelle !
Mes cousines grenouilles, ferventes catholiques, furent prises de compassion
pour nos frères humains humiliés par la révélation de cette parenté simiesque .
On raconte dans ma famille que ces cousines très pratiquantes ( nous les appelons pour cela affectueusement des grenouilles de bénitiers … ) allèrent implorer Dieu à l’église  afin que s’il était vrai que  l’humanité descendait du singe, qu’au moins la nouvelle
ne s’ébruite pas…
Hélas ! Démentis, procès, polémiques dans la presse, la littérature et les médias

depuis cent cinquante ans, ont enflé la querelle entre Créationnistes et Évolutionnistes  et, depuis que des Islamistes intégristes, au début de cette année 2007, sont venus ajouter aux références bibliques des Créationnistes celles du Coran, le fossé s’est encore creusé entre les vérités de foi religieuse et les vérités de conviction scientifique.  
Mais ces deux types de vérités sont-elles vraiment irréconciliables ?
Leur opposition se fonde sur une approche différente des merveilles de l’univers.

-« Regardez, disent les Créationnistes, la complexité extrême des organismes vivants . Considérez le regroupement d’atomes composant une simple bactérie unicellulaire .
L’éternité ne suffirait pas pour réaliser fortuitement un tel regroupement.
Considérez les milliards de  cellules spécialisées qui forment le cerveau humain.
Considérez le réglage minutieux des quatre forces physiques fondamentales qui rendent
possible l’existence de l’univers et de la vie…
Les merveilles dont regorge l’Univers ne témoignent-elles pas de l’existence d’une planification surnaturelle , d’un « Dessein intelligent » mis en œuvre par un être aux pouvoirs surnaturels , le Dieu des Chrétiens, ou le Grand Horloger selon Voltaire , ou  le Grand Architecte de l’Univers selon les convictions maçonniques etc…? »
- « Pas du tout , répètent les Évolutionnistes, chaque merveille de l’Univers n’est que l’aboutissement d’une chaîne de hasards « heureux , Dieu est une hypothèse dont on n’a pas besoin pour expliquer ces hasards  … »

-«  Voire ! rétorquent les Créationnistes … »

Miracle et Hasard peuvent-ils être synonymes ?

Mais en fait les Évolutionnistes qui refusent l’hypothèse de Dieu et celle de son « Dessein intelligent » ne plongent-ils pas malgré eux dans un monde miraculeux. ?
Laisse-moi citer, Chère Kurma, un savant du siècle dernier qui est demeuré célèbre dans mon espèce batracienne pour l’intérêt qu’il portait aux grenouilles et à leur dissection dans ses travaux de biologie. Il s’agit de Jean Rostand . Voilà ce qu’il écrivait pour justifier la théorie évolutionniste à laquelle il croyait …comme à un conte de fée:

«  On ne peut que croire en l’Évolution …Mais il est bien entendu que l’on ne peut jamais
que croire. Toute la différence est entre les téméraires qui croient qu’ils savent et les sages

qui savent qu’ils croient…L’ Évolutionnisme nous contraint de croire en des « métamorphoses  » aussi prodigieuses que celles que chantait le poète Ovide… »
Donc les Hasards heureux des Évolutionnistes plongent dans un monde fantasmagorique où la possibilité est laissée ouverte au Miracle . Il suffit d’ajouter au Hasard le Plus d’une intelligence créatrice et ce mot devient quasiment synonyme de Miracle…
 

 

Les Mythes disent-ils le vrai  ?
Allons plus avant dans cette intention de rapprocher la pensée des Évolutionnistes

de celle des Créationnistes.

Une conception modernisée des mythes et un culte rénové des Mystères pourraient y aider.
Il est une conception péjorative des mythes qui en font des fables, des fictions, des illusions sans importance .
Mais quand il s’agit des mythes qui relatent dans les différentes civilisations des événements
qui ont eu lieu dans le temps fabuleux de la création de l’Univers et de l’apparition de la vie

sur terre, il faut reconnaître à ces mythes cosmogoniques une importance particulière car ils avaient pour fonction de donner des réponses cohérentes à ces trois questions obsédantes pour les Humains :

«  Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? ».
Ces mythes qui racontent l’irruption du Sacré comme fondement du monde et donnent aux hommes des modèles de comportement disent en quelque sorte le Vrai en donnant un sens

à l’origine et à la finalité de la vie.
N’est-ce pas ce qui fait défaut au scientisme de la théorie évolutionniste ?

Cette théorie  apparaît comme un mythe qui ne donne aucun sens à l’existence de l’univers
et à la vie sur terre.
Ne peut-on envisager une révolution scientifique qui intégrerait une dimension transcendantale aux hypothèses, aux recherches , aux expériences, aux « vérités »
toujours provisoires et « falsifiables » de la Science ?

Mais n’est-ce pas, Chère Kurma , ce à quoi  tu rêves quand tu proposes « la création d'une nouvelle humanité dont la conscience, après avoir su se libérer de ses nombreux préjugés, aurait pris le temps de se purifier … »
La création de cette nouvelle humanité préconisée par la gent qui porte carapace depuis la nuit des temps, je la vois liée à l’avènement au XXIème siècle d’un troisième Humanisme . Le premier humanisme fut celui des Poètes de la Renaissance, le second a été l’humanisme des philosophes du siècle des Lumières , le troisième humanisme qui va naître au XXIème  sera celui des savants théologues qui sauront concilier les vérités
de la Foi et celles de la Science.

Spes in futurum !

Ton amie Mandûka la Grenouille

Ainsi parlait la Grenouille le 30/06/07 

 

CAUSERIE 5 de la Tortue:  où sont ouverts quelques sujets de controverses sur les dieux, le rôle des religions et la quête humaniste de la vérité... 

 

Quelle belle harangue tu me sers là, Chère Mandeika! Un festin intellectuel!

Un vrai feu d'artifice d'idées, de pensées et de concepts, le tout encadré par deux énormes points d'interrogations que j’aurais tendance à assimiler
 à des énigmes. Elles n’ont rien de commun, toutefois, avec celle que le Sphinx posa à Œdipe. D'où venons-nous?  Où allons-nous ?
 Tu n’y vas pas, toi, avec le dos de la cuiller. Mais fort habilement, tu traces des pistes et tu ouvres des chemins et, en excellent pédagogue
 que tu as toujours été, tu proposes de débattre d'une problématique encore fort à la mode dans certaines contrées:
 « Créationnisme » ou « Evolutionnisme ». Elle pourrait, en effet, nous fournir quelques éléments de réponse, si réponse il y a.

 

Ce que je voudrais dire, en préambule, c'est que je n'ai jamais vu une Grenouille et une Tortue être aussi en accord sur les sentiments
 qu'elles portent au genre humain. Quand la première s'extasie devant "le pays de merveilles" qu'est le monde des hommes,
l'autre tombe d'admiration devant le "destin grandiose" de ces bipèdes.

Mais, place pour l’instant à la discussion et, pourquoi pas, au désaccord dont parfois jaillit la lumière;  entrons dans le débat
et avançons si l'on peut ; si l'on réussit à l'esquiver «en jouant avec le mots » ou en faisant fi de son existence, ce qui ne me surprendrait pas,
nous tâcherons d'en donner des raisons.

 

Au risque de te faire sourire, je ne résiste pas à l’envie de commencer en émettant certains doutes sur l'intérêt de cette controverse.
 Tu dois te rappeler le peu d'attention que j'ai porté, dans le passé, aux questions du genre: Sarco ou Sego? Gauche ou Droite? Bien ou Mal ?

 Humanisme ou Surhumanisme?  Et pourtant, il faut bien se rendre à l'évidence : la pensée des humains s'organise toujours en partant d'oppositions ou de contrastes.  Nous voilà donc aujourd'hui avec la question : Evolutionniste ou Créationniste? Elle ressemble tellement à la fameuse controverse :

Science ou Religion ?

 

Mes amis les dieux

 

A mon corps défendant, j’ai été mêlée de près à la vie de certains dieux : n'ai-je pas été, moi Kurma, le second avatar, la seconde incarnation de Vishnu
sur terre ( "descendu pour montrer la voie aux hommes, pour sauver l'humanité" ). Comme tu l'as souligné récemment, Hermès a eu recours à la partie

 la plus noble de notre individu, notre carapace chargé de tant de symboles, pour charmer les dieux de l'Olympe de sa musique ineffable.

Il y a de quoi être fier, n’est-ce pas ?

 Compte tenu de ces rôles prestigieux joués par mes ancêtres dans l’histoire de ces dieux, je me sens autorisée à affirmer que les humains doivent à la religion, les développements les plus significatifs de leur esprit. Les dimensions exceptionnelles que leur vie intérieure a pu parfois atteindre, sont aussi le résultat des exercices prodigieux auxquelles les religions ont assujetti leurs esprits pendant des siècles. De sorte que leur reconnaissance devrait leur en être infinie : ils leur doivent les formes de civilisations les plus hautes, cela ne fait, pour moi, aucun doute!

La religion : excellent exercice et peut-être prélude grandiose.

 

Dieu est mort

 

Mais ces mêmes esprits se sont tellement émancipés, chemin faisant, qu'ils ont aussi réalisé soudain les méfaits avec lesquels ces mêmes religions ont recouvert la terre entière. Je ne te ferai pas l'injure de dresser pour toi, la longue liste de ces méfaits. Heureusement, les pensées du siècle des lumières, la raison, la logique, la science se sont progressivement imposées.

 

Et alors, chez les européens, d’Europe ou d’ Amérique, les fameuses vérités religieuses ont été tellement remises en question puis discréditées, que d'aucuns ont oser affirmer que "dieu était mort". Cette assertion a pu être comparée à la bombe d’un terroriste. Pour des monothéistes, elle est de nature à remettre en question l'existence même de leur religion. Et cela a bien été le cas, du moins dans certaines mesures et dans certaines chaumières.

 

Comme tu l’as signalé, la science et le rationalisme moderne avait déjà donné libre cours à leur tendance iconoclastique en étalant une autre vérité, d’une obscénité presque insoutenable : "L'homme descend du singe". Cette déclaration peut être assimilée à une deuxième bombe lancée par une autre minorité apparemment peu disposée aux concessions. C’était enfoncer le couteau dans la plaie !

J’aurai cru que ces deux actes terroristes spectaculaires allaient largement contribuer à l'affaiblissement des religions et de leur pouvoir. Que nenni !  C'est là une erreur d'appréciation de ma part, de la vieille tortue progressiste que je suis ; en effet, les religions continuent à promouvoir les idées créationnistes établies avec force et depuis la nuit des temps, dans des livres considérés comme sacrés par leurs adeptes. Comme tu l'observes judicieusement, chère Grenouille, le Coran vient bien à la rescousse de la Bible pour soutenir ces antiquités, je veux dire ces vérités sacrés. Sacrés impliquant pour ceux qui les soutiennent, que leur contenu ne peut être que la seule et unique vérité. Et pour élargir le débat, je rappellerai  que de nombreuses théories créationnistes avaient déjà été élaborées dans les civilisations antiques de l’Inde, de l’Egypte, de la Mésopotamie aussi bien que de la Grèce.

 

La vérité n’est pas le contraire de l’erreur

 

Il n’en demeure pas moins que je persiste à relativiser l'importance de ce genre de duels. Ils feront peut-être sourire dans quelques siècles, tout comme font sourire aujourd'hui les anciennes et interminables discussions sur la virilité ou la féminité du soleil, sur le sexe des anges ; tout comme peuvent paraître enfantins, voire anachroniques aujourd'hui certains débats sur l'immaculée conception, l'immortalité de l'âme ou la rédemption des pêchés. Après avoir écrit de telles « balivernes» je sens le regard méprisant et condescendant de grands Savants prêts à ostraciser et d’éminents Théologiens brandissant l’anathème.

 

Et pourtant, les mêmes erreurs que les rationalistes dénoncent avec véhémence dans la pensée religieuse et sa manière d'assener des ”vérités », se retrouvent dans les fondements de la pensée scientifique. Il ne fait pas de doute que, dans la tête de bon nombre de bipèdes, la croyance à la vérité scientifique s'est substituée à la croyance à la vérité religieuse avec une aisance et une facilité déconcertante.  Nous avions vu, d’une manière analogue, quantité de « vérités » païennes de l’antiquité, se revêtir des nouveaux habits de la chrétienté.

 

Certains humains commencent à se rendre à l’évidence : leur monde n’est qu’apparence et erreur. Mais ils devraient admettre que la vérité n’est pas le contraire de l’erreur ; elle est une erreur dotée d’une position particulière par rapport à d’autres erreurs. Aussi, souhaitons que certains savants fassent preuve de modestie et cesse de traiter l’homme religieux « comme un type inférieur et de valeur moindre ».

 

Un besoin de certitude

 

Mais la substitution d’un mode de penser à un autre ne saurait surprendre dès lors que l'on a bien observé, dans le grand public, au milieu des grandes masses, cet impétueux désir de certitude qui a toujours prévalu chez les humains ; de nos jours et plus que jamais, chez l’homme moderne, règne sous la forme de la pensée scientifique et technique, ce désir presque éperdu de posséder enfin quelque chose de stable et d'inébranlable. Ce n'est pas pour autant que cet être va s'embarrasser d'une réflexion froide et honnête sur les fondements véritables de la nouvelle certitude !  Car l'urgent est bien ce besoin d'appui, de béquilles pour soutenir la prodigieuse, l’inavouable mais très humaine faiblesse qui conserve et renforce les religions, les croyances et les convictions quelles qu'elles soient.

 

Un question de volonté

 

Mais comment les humains ne voient-ils que, dans toute cette affaire, la volonté seule, fait défaut. Elle seule peut venir à bout de cette recherche avide de croyance ; elle seule peut nous protéger du fanatisme et de ces effets dévastateurs. Car c'est bien le fanatisme que s'avère comme l'unique force susceptible de rassembler en de gigantesques troupeaux, ces bipèdes perdus dont il faut concentrer  les attentions et les intérêts sur deux ou trois idées, pas plus ; celles-ci sont hypertrophiés, gonflées comme des baudruches,  avant d’être inculquées à des moutons dociles.

 

Bien sûr, il est possible que les humains ne soient pas tous  capables des efforts de cette volonté indispensable pour venir à bout de ces crises, pour admettre enfin que le prodigieux monde des humains est le résultat de juxtapositions interminables d'erreurs et de fantasmes. C'est bien parce que je ne suis qu'une tortue que je me permets d'égratigner le sacro saint principe sacré d’égalité: le degré de croyance nécessaire à la survie d'un être humain est variable selon les individus, de sorte que les religions devront être, pendant quelques temps encore, d'une grande utilité pour le développement de l'humanité et la gestion de ses masses croissantes.

 

Un autre humanisme

 

Le troisième humanisme dont tu parles, chère Grenouille, est à créer. Il le sera, tout comme les deux précédents l’ont été d'ailleurs, par une petite minorité de pionniers. Si je partage ta vision optimiste, j’hésite à donner une importance décisive à une quelconque conciliation entre « Théologues » et Scientifiques. Grâce à une volonté soutenue, ces pionniers, prenant appui sur l'esprit scientifique et ses plus récentes conquêtes, donneront de nouveaux buts aux hommes, mais cela prendra probablement de longs siècles. Entre temps, il est vrai, il faudra bien s’accommoder, comme tu le dis, de période transitoires et conciliatoires. Il n’est pas impossible que leur société de consommation en soit une.

Mais ces nouveaux penseurs ne parviendront à leurs fins que s’ils refusent d’ignorer et de mépriser les formes de la pensée religieuse. De la même façon que cette dernière n’aurait pu s’imposer si elle avait ignoré et méprisé les signes et les symboles, les contes et les mythes de l’Antiquité. De même que ces derniers n’auraient eu aucun sens pour l’homme, s’ils n’avaient pas été édifiés en harmonie avec les archétypes et les instincts les plus profondément ancrés dans l’inconscient, lequel nous ramène inéluctablement à la grenouille, à la tortue ou au castor en passant par le poisson, le serpent ou le scarabée.

 Chemin faisant, d'aucuns auront suffisamment élargi le champ de leur connaissance et, pourquoi pas, auront enfin apporté des réponses provisoires aux deux énigmes que tu as bien voulu poser. Et il y aura bien quelques impertinents, des adeptes du gai savoir sans doute, qui ne feront aucun effort pour retenir leur rire homérique et insolent.

 

Kurma l’avatar

 

Ainsi parlait la Tortue le 8/08/07 
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Réponse de la Grenouille à la Causerie 5 de la Tortue

A l’écoute des Enseigneurs

Chère Kurma l’Avatar,

Comme je suis flatté de me compter parmi tes ami(e)s ,
Toi , amie des dieux et second Avatar de la déesse Vishnu
comment peux-tu condescendre à discuter avec une grenouille
comme moi qui ne suis que l’avatar d’un têtard ?

Ta cinquième causerie  m’a laissé quelques jours sans voix.
J’avoue que je nourrissais jusqu’ici  envers toi des pensées  laïcistes simplistes.
Je te considérais comme un matérialiste athée et pour alimenter nos controverses
j’avais pris le masque d’un spiritualiste oecuménique…
Mais à quoi bon ce masque ?
Tes réflexions sur les thèmes des religions, de Dieu et de la Vérité
m’ont apporté lumières et joie. .
Pour répondre à ta brillante et sage causerie j’ai décidé de me mettre à l’écoute des « Enseigneurs » .

Mais qui  sont les enseigneurs ?
Inutile d’en chercher la définition dans le Robert ou le Larousse.
C’est le Littré qui en atteste l’usage par Voltaire pour désigner des « penseurs ».
Si j’ose user de ce terme ce n’est par référence au vocabulaire du philosophe
des Lumières mais parce que j’ai appris au cours d’un stage de grenouille de bénitier,
que c’était une parole d’Évangile : en effet c’est le terme employé par Marie de Magdala
pour désigner dans son Évangile ( apocryphe mais aujourd’hui publié ) Yeshoua, c’est-à-dire
Celui qui l’embrassait sur la bouche et lui confiait des vérités secrètes qui seraient restées incompréhensibles pour les oreilles masculines de ses apôtres.
Cet Enseigneur était venu sauver l’Homme de son ignorance en lui révélant
«  D’où il venait et Où il allait »
Il m’a donc semblé à propos que dans notre controverse autour de ces deux questions je me mette à l’écoute de cet illustre Enseigneur et te fasse part ci-après d’une de ses prophéties révélées par Marie de Magdala.
Ainsi je pense me libérer  un peu du complexe que m’inspirent ton amitié avec les dieux et ta parenté avec la déesse Vishnu.
Bien sûr, les témoignages d’autres enseigneurs que Yeshoua sont à prendre en compte .
J’ai cru distinguer dans ta causerie des allusions à la pensée d’un enseigneur poète et philosophe
dont je n’ose, par révérence, dévoiler à ta place l’identité mais que je désignerai  
dans ma  réponse, sous le titre d’Enseigneur du Gai savoir.

Cette référence au Gai savoir rendra, j’espère, un peu moins ennuyeuse ma réponse.
Je voudrais aussi que ce soit l’occasion de réfléchir entre nous à un projet pédagogique .
Serais-tu d’accord pour constituer sur notre Agora un répertoire de citations et de références bibliographiques concernant les enseigneurs dont nous prendrions  en compte la pensée
dans notre controverse ?
Ce serait un Livre virtuel de sagesse de la Communauté des Enseigneurs…
Dans ce Livre pourraient figurer aussi bien des citations de penseurs, professionnels de la philosophie, que les paroles de messies, prophètes et mystiques de diverses religions ou les témoignages d’artistes créateurs , poètes, écrivains, peintres et musiciens… enfin de tous ces frères humains dont nous admirons  la Raison, l’Imagination, les Créations et dont la révélation de l’origine simiesque a eu l’effet, comme tu le dis, d’une bombe terroriste …
Mais nous voici déjà au cœur de notre controverse entre théories évolutionniste et créationniste.
Il est temps, après ce long bavardage introductif, que j’essaie de te répondre en indiquant mes points d’accord ( nombreux ) et de désaccord ( rares ) avec tes idées à l’égard des religions, de Dieu, de la théorie évolutionniste et des notions de vérité et d’erreur. Je ferai en conclusion appel à ta sagesse d’amie des dieux pour dissiper mes doutes  concernant une prophétie sur l’origine et le devenir de la Matière selon  l’Enseigneur de Marie de Magdala.
 
Le mondialisme religieux

Comment ne pas être d’accord avec toi quand tu reconnais les bienfaits apportés aux hommes par les religions !
« La religion est la chaleur d’un monde sans cœur  » soutenait Marx , cet enseigneur de la modernité , avant d’estimer - ce qui était un éloge plus ambiguë – qu’elle était «  l’opium du peuple  »
Mais notre propos n’est pas de discuter du poncif de l’infantilisme psychique où les religions enfermeraient nos frères humains ou de distinguer les religions des superstitions.
Tu as raison par contre de mettre l’accent sur l’importance de l’apport des religions dans le patrimoine des diverses civilisations et cultures de l’humanité .
Quant aux méfaits susceptibles d’être imputés aux religions au cours de l’histoire,
je suis d’accord avec toi pour en dénoncer la multiplicité et la virulence.
«  Que de crimes perpétrés au nom des religions !  » On peut ajouter « et au nom du progrès … »

Le monde actuel nous en donne de fréquents exemples .avec la multiplicité des actes
de terrorisme international dont les auteurs déclarent servir des objectifs religieux. .
Ainsi se développe un mondialisme religieux  dans lequel les religions prennent le relais des oppositions tribales, nationales et impériales du passé  et font  planer la menace d’un choc apocalyptique des civilisations.
Le choc redouté verrait, selon des enseigneurs politologues, l’affrontement entre civilisations judéo-chrétiennes et civilisations musulmanes…Peut-être que cette conception bilatérale du mondialisme religieux fait sourire l’Avatar de Vishnu que tu es et qui est en droit de croire à un mondialisme religieux plutôt multilatéral.. 
Et Dieu dans tout ça ?
Certains prétendent qu’il est un peu malade…
Mais toi,  Kurma l’Avatar de Vishnu , tu nous confirmes la nouvelle
que l’Enseigneur du Gai savoir avait lancée comme première bombe terroriste :

Dieu est mort ! …

Vive le divin !
Donc Dieu est mort : Il aurait été assassiné dans des circonstances et pour des motifs assez troubles
qui  nous ont été contés par Zarathoustra .
Il était devenu un témoin trop gênant des turpitudes du « dernier homme.»
Mais comme on criait  « Le Roi est mort, Vive le Roi ! » je crois que si Dieu est mort ,
le Divin continue à être vivant chez nos frères humains.
La nouvelle de la mort de Dieu n’a aucunement ébranlé la foi religieuse des hommes.
Leur piété religieuse est toujours aussi vive.
Les hommes ont même étendu leurs comportements religieux à d’autres domaines comme ceux de la politique ou des sciences.
Tu soulignes que « la croyance à la vérité scientifique s'est substituée à la croyance 
à la vérité religieuse avec une aisance et une facilité déconcertante »
.
 Je dirai à ta suite que certaines théories scientifiques sont devenues paroles d’évangile
et que les savants prophètes universitaires de la parole scientifique sacrée ne tolèrent pas
de convictions hérétiques. 
Le débat entre Évolutionnistes et Créationnistes en est l’exemple.
Partisans des théories de l’évolutionnisme comme partisans du fondamentalisme créationniste
sont avant tout des croyants aussi fondamentalistes les uns que les autres. Leur foi ne peut être ébranlée par aucun argument, aussi rationnel fût-il. Leur croyance est  du domaine du divin . Elle ne peut être contestée.
Vive le divin ! …

 
Si rien n’est vrai

Mais alors où est la vérité ?
C’est là , Kurma l’Avatar , que tu lances après les bombes de la nouvelle de la mort de Dieu et de l’origine simiesque de l’Homme une troisième bombe terroriste.
Tu mets en doute l’existence même d’une Vérité , d’une Vérité absolue et stable.
La vérité serait question d’opportunité vitale .L’opposition du Vrai/Faux  n’existerait pas.
 « La vérité, dis-tu, n’est pas le contraire de l’erreur ; elle est une erreur dotée d’une position particulière par rapport à d’autres erreurs »
T’ai-je bien compris ? Y aurait-il un lien de continuité entre vérité et erreur , qu’il s’agisse d’un énoncé scientifique , philosophique ou d’un précepte moral … ?
Si oui ,  tu lances, Chère Kurma , la bombe terroriste absolue :

« Si rien n’est vrai, alors tout est permis … »
Et comme l’ enseigneur Dostoïewski le faisait dire aux  frères Karamazov :
« Alors on n’a plus qu’à rendre son billet … »
Qu’en penses-tu, Chère Kurma ?

Esprit, Corps et Cœur

Peut-être verras-tu dans ma question un problème de morale qui relève  davantage
du Cœur et de la finesse de ses raisons que de l’Esprit et de ses raisons intellectuelles.
Or ces êtres moutonniers que sont nos frères bipèdes ne sont en quête, dis-tu,  que de certitudes.
« Ils ne s’embarrassent pas d'une réflexion froide et honnête sur les fondements véritables  d’une nouvelle certitude !  »
Ces certitudes dont les humains ont un impérieux besoin doivent être simples.
L’humain n’aime pas le complexe. Son goût le porte au simplisme.
Et ce goût du simplisme complique beaucoup les problèmes…
N’est-ce pas le cas dans le débat entre évolutionnistes  et créationnistes ?
Quoi de plus simple pour un créationniste fondamentaliste que de croire que l’univers
a été créé en six jours par Dieu tout-puissant …?
Quoi de plus simple pour un évolutionniste pseudo-darwiniste que de croire que la vie a évolué sur terre à travers une série de changements dus au seul hasard et que la sélection naturelle, c’est-à-dire la loi du plus fort , a permis aux mieux adaptés de survivre … ?

La religion et la science sont, l’une et l’autre, victimes de ce simplisme des « certitudes »
Tu fais confiance à la Volonté qui permettrait à l’humain de dominer son besoin impétueux
de certitudes et de vaincre le fanatisme quie peuvent lui inspirer des croyances aussi bien
scientifiques que religieuses.
Mais cette Volonté sera-t-elle une propriété émanant de l’Esprit , du Cœur ou du Corps ?
C’est une question à laquelle l’enseigneur du Gai savoir a déjà, je crois, répondu
en considérant que l’Esprit était une propriété émanant du Corps  et que la Volonté
était déterminée par les pulsions de l’inconscient . Y aurait-il une place aux raisons du Cœur
dans cette Volonté dominée par la vie pulsionnelle inconsciente ?
C’est une question métapsychologique à laquelle auront à répondre les pionniers dont tu parles
de cette Troisième Renaissance humaniste que nous appelons de nos vœux et qui conciliera vérités scientifiques et théologiques…
En attendant nous avons tout le temps de consulter sur le sujet la communauté des Enseigneurs
qui ont précédé depuis l’antiquité l’Enseigneur du Gai savoir et de continuer à méditer sur les deux questions essentielles de notre controverse
« Quelle est notre origine et quelle sera notre fin ?  »
Voici la réponse prophétique qu’a donnée l’Enseigneur Yeshoua à Marie de Magdala
avec qui il était lié d’esprit, de cœur et de corps…

Origine et fin de l’Univers

Tout ce qui est né, tout ce qui est créé ,
tous les éléments de la nature
sont imbriqués et unis entre eux .
Tout ce qui est composé sera décomposé
tout reviendra à ses racines ;
la matière retournera aux origines de la matière…

Dis-moi, Chère Tortue, toi qui es l’Avatar de Vishnu et l’amie des dieux,
Penses-tu que l’enseigneur Yeshoua était créationniste,  évolutionniste
ou simplement précurseur des savants métaphysiciens de la troisième Renaissance humaniste ?

Ton amie Mandeika l'avatar d'un têtard 


Ainsi parlait la Grenouille le 6/09/07 

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Réponse de la Manguste à la Causerie 5 de la Tortue  Kurma et à la réponse de la Grenouille Mandeika

Dio è vivo

La Mangusta si ravviò la mente dopo la lettura, satura di aforismi e massime  dotte affermazioni e citazioni.
Dio è vivo, Dio è morto?Un unico Dio è sempre esistito e sempre esisterà, è al di sopra del mondo e dell'universo, è perso tra le stelle ed è una stella, è un Amico infinito ed un predicatore dell'azzurro, dei cieli, dei soli, nella notte, il suo sospiro è come una brezza che sospinge la nostra vita,il battito del suo cuore è in sincronia col nostro, il suo sguardo imperscrutabile scruta per ogni dove,lo vedi tra i barbagli di ogni stella, nel pianto di un bimbo che che vede sfuggire il suo acquilone, nel mistero della nascita e della vita,nei sogni d'ogni notte... Come si chiama? Dio , Allah,Budda, Visnù....non ha alcuna importanza, il suo nome non esiste, egli semplicemente "è", e ti sussurra all'orecchio mentre lo preghi.

Le religioni

Marx ha sbagliato tante cose, quasi tutte,comprese le predizioni che si sono trasformate in persecuzione religiosa.Dio ha vinto, Marx ha perso.Dio è vivo, Marx è morto.Ogni popolo ha la sua religione, sopprimerle si è dimostrato impossibile in ogni luogo.Dio è vivo, Stalin è morto. Dio è vivo, hitler è morto.Anche Mc Luhan ha vinto.

Creazionismo ed evoluzionismo

Il creazionismo è fanatismo, l'evoluzionismo Darwiniano è una delle verità, negarle ambedue è relativismo negativo. Non c'è bisogno di essere atei per non credere al Paradiso Terrestre, una pura invenzione favolistica, anche nei vangeli apocrifi,ma non bisogna inventare idee un po' folli per spiegare concetti inconoscibili come il tempo e l'eternità, l'Universo e l'Infinito,il pulsare ed il canto dello spazio, che non sono dominio della speculazione umana ma solo della Scienza e di Dio.

Le verità

Tutto si crea e nulla si distrugge è una grande Verità, l'Umanesimo è un'altra verità. L'amore, l'amicizia, la cultura, la comunicazione, la verità sempre professata, l'onestà , lo slancio verso il futuro, la bellezza dei giovani,la giustizia, la scienza,l'arte , la musica, la poesia, la religione,gli ideali, la politica,la legge,la felicità, la solidarietà....... sono tra le tante certezze di cui gli uomini , le donne , i giovani, hanno bisogno per camminare, tendosi per mano, verso il futuro.............


Ainsi parlait la Mangusta  le 15/09/07 

 

Réponse du Castor à la Causerie 5 de la Tortue

La Terre vue du Ciel  

Chère Kurma l’Avatar,

Mon long silence a été brisé par une comparaison que j'ai faite entre la Terre et Toi lors de la visite assez prolongée d'une exposition intitulée "La Terre vue du Ciel".
Mes pensées s'envolaient irrésistiblement vers toi.
Tu es étonnée? Je vais t'expliquer.

La Terre est comme une tortue…

Ta carapace, chère Tortue, est tellement dure, tellement solide qu'elle peut résister à un poids  énorme.
En même temps tu es protégée si délicatement que ton corps et ton coeur sont en pleine sécurité,
grâce à cette carapace précieuse.
En regardant l'exposition j'ai réalisé que la Terre est pour les êtres vivants et morts
ce qu'est pour toi ta carapace: abri, refuge, repos, bénédiction, lieu paradisiaque.

Menaces sur la Terre
Seulement, sais-tu, chère Tortue, ce que fait l'homme, celui qui prétend être le plus important des plus puissants?
Il l'écrase, l'incendie, épuise sans relâche ses ressources, la prive de ses forêts, sature son air de ses gaz insupportables à tel point qu'elle commence à étouffer.

Mais Sa Majesté ne s'y intéresse pas. Il est égoïste, vulgaire et arrogant.
Il roule dans des voitures, jette partout ses ordures,, s'enorgueillit de ses victoires nucléaires, organise des safaris et met sous béton les plus frais plis de sa poitrine..

L’espoir …
Heureusement, il existe quelques exemplaires du genre humain épargnés de cette maladie horrible.
L'un d'eux c'est l'auteur de l'Expo qui... photographie, nous découvrant la Terre,notre carapace, du haut d'un vol d'oiseau.
Tu peux respirer, chère Tortue Kurma , rien n'est encore perdu. La chance existe, l'espoir vit, encourageant les découragés.
Si tu veux connaître ce chemin de la guérison, je te conseille d'aller visiter un site internet
Tu comprendras et tu seras moins triste. 
Le site GoodPlanet.org
Un homme, le français Yann Astrid-Bertrand , élève sa voix pour défendre la planète Terre
en s'aidant  de son appareil photographique.
La Terre est en danger à cause des activités déraisonnables des hommes.On la voit malade, désertifiée, polluée, sa beauté sérieusement menacée.
Certes, il y a des solutions : c'est le développement durable et l'éducation sous toutes ses formes.
Si le sort de la Terre vous préoccupe et, parallèlement, si vous voulez contempler sa beauté,
je conseille à tous les Eurosésamis d'aller visiter le site
 http://www.GoodPlanet.org
Vous y découvrirez une information extraordinaire sur la Terre vue du Ciel.

Ainsi parlait Le Castor le 20/09/07

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Causerie 6 de Kurma l'Avatar de Vishnu
:

Chère Mandeika, 

Pour commencer, je t’envoie quelques précisions sur le sexe non pas des anges mais des dieux.
Voici ce que j’ai appris :

·       Vishnu : Il s’agit d’un dieu. Il fait partie de la trinité hindou comprenant : Brahma, ( le créateur) Vishnu ( le protecteur) et Shiva ( le destructeur). Son épouse est la déesse Lakshmi déesse de la richesse ( La Terre est parfois considérée comme son épouse).

·       Il eut dix ou douze avatars dont le poisson, la tortue, le lion mais aussi Rama, Krishna et Bouddha

Dans un autre ordre d’idée, je souscris entièrement à ton projet de créer un répertoire de citations et de références bibliographiques concernant les enseigneurs dont nous prendrions  en compte la pensée
dans nos controverses. Je joins donc ma première liste d’ « annexes » que je te laisse le soin de présenter sous la forme qui te plaira.
Pour ce qui est de condescendre à discuter avec une grenouille, je trouve que tu exagères. Alexandre devait penser lui aussi qu’il condescendait à discuter avec Diogène ; et loin de moi l’idée de me prendre pour Alexandre; je me sens beaucoup plus d’affinité avec Diogène, bien que je ne lui arrive pas à la cheville, au sens propre comme au sens figuré,  car son tonneau ressemble étrangement à la carapace qui caractérise notre espèce.  Ceci étant, le plus gros lièvre que tu aies soulevé, dans ta riche missive me paraît être celui que tu appelles : Vérité. C’est à lui, en tout cas, que je vais consacrer l’essentiel de ma réponse bien que les autres pistes que tu ouvres soient aussi attractives et alléchantes.

Tu t’en souviens sans doute, nos premiers débats ont porté sur le « masque ». Nous avons eu de longs échanges sur ce sujet qui s’apparente fort à celui d’aujourd’hui, n’est-ce pas ? Il me semble qu’il y a tout lieu d’être vigilant et de se bien garder de parler de la même chose sous des mots différents. Sinon nous ne progresserons pas et nous nous contenterons de brasser des opinions sans clarifier ni purifier quoi que ce soit. Et cela serait bien regrettable pour des gens qui, même s’ils ne font que bâtir des châteaux en Espagne, voudraient au moins pointer leur doigt dans la direction de la prochaine Renaissance humaniste.

Or qu’avons-nous fait lorsque nous nous sommes acharnés à dénoncer les « masques » ? Nous avons cité: Auguste, Néron, Pétrone, Sartre et Prévert…etc.  Dommage que nous n’ayons pas pensé à Ponce Pilate et à sa célèbre question à un autre Grand Enseigneur : « qu’est-ce que la vérité ? ». Il a du  nous  échapper parce qu’il ne parlait, lui, ni de masque, ni de comédie. Et pourtant ! Quelle belle question ?

Les hommes haïssent le vérité

Convenons-en, nous sommes quasiment tombés d’accord pour déclarer que tous les hommes tournent le dos à la vérité : les poètes et les artistes, ceux qui vont «  en société » comme ceux qui vont « en politique », les religieux et les philosophes, les penseurs et les garçons de café… Alors soyons honnêtes , disons-le plus brutalement : les hommes haïssent le vérité. Elle est pour eux comme une lumière trop cru qui ébloui, si bien qu’ils préfèrent se réfugier dans l’incertitude, voire dans l’erreur. Et, comme tu le signalais fort justement, nous ne devrions jamais oublier l’étymologie du mot «personne», lorsque nous parlons de quelqu’un ne serait-ce que pour louer sa véracité. (Annexe-1)

Mais prenons un peu de recul : depuis Héraclite et son célèbre «  Rien n’est , tout devient » ; depuis que l’on sait que tous les fondements de notre esprit scientifique : l’espace, le temps, la causalité, l’identité…, ne sont que des illusions, des erreurs extrêmement utiles ; depuis que l’on sait bien que le jugement consiste moins à croire que telle chose est vraie qu’à dire : « Je veux qu’elle soit vrai » ; depuis que nous n’ignorons plus que tout ce que contient notre intellect ne sont que des simplifications, des falsifications qui permettent ce que l’on appelle la « connaissance » ; depuis enfin que Schopenhauer nous a expliqué, en long et en large, que la première de toutes les « vérités »  c’est que le monde qui nous entoure « n’existe que comme représentation» et que cette vérité « est plus générale que toutes les autres…: car celles-ci présuppose déjà celle-là » . Depuis ces temps, n’avons-nous pas mûri un peu, ne sommes-nous pas enfin prêts à devenir « adulte» et un peu plus sérieux,  lorsque nous sommes entre nous et que l’envie nous démange de « laisser tomber quelques masques »? ( Annexe-2)

« Si rien n’est vrai, tout est permis » 

Cependant, tu me dis: « Si rien n’est vrai, tout est permis ». Je trouve que tu vas vite en besogne et donne dans le simplisme, ce qui ne veut pas dire que tu es dans l’erreur. Pourquoi ne pas aussi déclarer: « Mais alors, ce sera le règne du pessimisme de l’anarchisme, du nihilisme, … que sais-je encore ! ». Non ! Remarquons simplement que, pour que tout soit permis, il faudrait qu’il n’y ait aucune règle, aucune loi, aucun interdit ; et cela est une autre question.

Il n’en reste pas moins que tu as en partie raison. Goethe lui-même va dans ton sens lorsqu’il s’en prend à Voltaire et s’élève contre «  sa licence et son effronterie ». C’est ainsi qu’il dit : « Au fond, quelque spirituel que soit tout cela, le monde n'y a rien gagné; ce n'est pas là-dessus que l'on peut construire. Bien plus, c'est peut-être de la plus grande nocivité, puisque cela risque d'égarer les hommes et de leur ôter le frein nécessaire. » ( Annexe-3 et 4)

C’est peut-être le moment de souligner le fait remarquable que la « Nuit du Quatre Août » n’a pas eu lieu dans le monde de l’esprit - pas plus que dans celui des corps - où règnent une splendide inégalité et des privilèges exorbitants. Par conséquent, réjouissons-nous ou plaignons-nous, mais surtout profitons de ces privilèges qui nous ont été impartis! Le « rien n’est vrai » n’est accessible, pour l’instant, qu’à certains esprits laborieux, courageux, effrontés, téméraires. Et ces esprits-là savent, en général, s’imposer les règles qui leur sont nécessaires. Le troupeau n’a pas à entendre de pareilles « sottises», comme dirait l’autre.

Libérer son esprit

Certes ! Nous, nous ne sommes ni de grands poètes comme Goethe, ni de grands philosophes comme Shopenhauer. Mais rien ne nous empêche d’essayer de les comprendre, et lorsque nous y arrivons, de les contredire ou de partager leur vues. En ce qui me concerne, je m’accommode fort bien de mon rôle de penseur besogneux, essayant, avant qu’il ne soit trop tard, de m’extraire autant que faire se peut, de cette gangue de jugements moraux dans laquelle le sort m’a jeté, et recherchant parfois une oreille charitable, tolérante et accueillante comme la tienne. Nous sommes sans illusion, nous savons que nous ne sommes que de pauvres hères nous efforçant de libérer nos esprits ; et je suis convaincu que dans la mesure où nous y parvenons, nous contribuons à la naissance de cette troisième Renaissance humaniste que tu appelles de tes vœux. Et cela est très important !

Supposons donc que nous soyons d’accord sur la façon de considérer la « vérité ». Nous serons prudents et dirons, pour reprendre ton expression, que le consensus pourrait se faire sur  «  la mise en doute de l’existence d’une Vérité absolue et stable ». Nous n’allons tout de même pas être des alarmistes pessimistes au point de déclarer que nous avons là, une nouvelle bombe de terroriste. Non, crois-moi, il n’y en a qu’une et d’aucuns l’ont déjà parfaitement identifiée : « Dieu est mort ». Mais la taille de l’engin est énorme, si bien que ses déflagrations et ses effets ne se sont pas encore fait sentir pleinement sur notre terre. Or, dieu c’est la vérité, pour celui qui a la foi ; pour lui, dieu c’est la vie, la vraie. Il n’y a pas de vérité plus complète que dieu, dieu est la vérité éternelle et infinie. Donc une seule bombe mais une énorme déflagration en cascades et des conséquences incalculables et difficilement prévisibles. Et la Vérité n’est pas épargnée.

La capacité de métamorphose

L’essentiel  dans la recherche de la vérité semble être dans la volonté d’accroître ses connaissances ou d’en acquérir d’autres ; or chaque connaissance nouvelle nous transforme, les bons pédagogues le savent très bien. Ce pourrait-il alors que la vérité ne soit qu’un processus ? Ma pensée me mène tout naturellement vers le concept de métamorphose qui t’est si cher, à toi l’Avatar distingué de têtard. Il me semble bien que l’esprit libre est celui qui sait vivre pleinement sa capacité de métamorphose et en tirer le meilleur profit. Et Zarathoustra n’a pas manqué de nous rappeler que la vérité pour un chameau est très différente de celle que le lion recherche ; quant à cette dernière elle est loin de s’apparenter à celle dont se nourrit l’enfant ?

Les « enseigneurs » pourraient bien être les mieux placés pour nous parler de ce processus-métamorphose. Je ne connaissais pas l’enseigneur dont tu me parles dans ton message. Cependant j’apprécie son petit poème qui au fond contient l’essentiel de la réponse, si réponse il ya, aux deux questions lancinantes que tu te poses de nouveau : quelle est notre origine et quelle sera notre fin ? Oui certainement :

« Tout ce qui est composé sera décomposé
Tout reviendra à ses racines ;

La matière retournera aux origines de la matière… »

 

Quelle gigantesque métamorphose !

 

Le suprême paradoxe de la pensée

 

A mon humble avis, tu devrais te satisfaire de cette réponse, car il est épuisant et vain de se poser des questions sur des sujets qui ne sont pas accessibles à notre pauvre et misérable intellect. Et si tu ne cèdes pas à mon injonction de reptile, je te menacerais de te jeter en plein visage une pensée de Kierkegaard. C’est pour moi la menace suprême car j’ai le plus grand mal à ingurgiter la prose de ce philosophe. En tout cas, je considère que tu l’auras voulu, et voici son axiome redoutable et troublant: « Le suprême paradoxe de la pensée est ainsi de vouloir découvrir quelque chose qui échappe à son emprise »  (Voir Annexe-4).

D’où, je suppose, le terrible Sphinx et ses énigmes. Puis vint enfin Œdipe !

 

Soyons sage et restons encore un peu avec Yeshoua qui doit inclure dans son « tout » l’esprit des humains aussi bien que celui de tous les êtres vivants qui en auraient un. A l’écart, se tiendrait alors la Volonté, cette force ou encore cette énergie que l’on voit à l’œuvre dans tout l’univers, dans la matière comme dans le monde organique. Quand à la petite volonté humaine que tu évoques, elle n’émane ni de l’esprit, ni du cœur. Elle doit être, d’ailleurs, à la grande Volonté ce que notre petite raison est à la Grande Raison.

L’esprit  humain, lui , n’est qu’un des derniers instruments du corps, une de ses dernières créations, un de ces avatars devrais-je dire, peut-être un simple incident,  Et la bonne question, certes sans réponse, est de savoir si cet outil se  développera pour devenir un organe fiable, durable et efficace. Il est tellement fragile pour l’instant, qu’il pourrait bien disparaître sans pour autant que l’espèce humaine ne disparaisse elle-même. Les tortues et le grenouilles auraient alors, sans doute, un petit sourire ironique et de soulagement, inquiètes qu’elles sont parfois de voir l’usage peu rassurant que les humains font de cet outil. Les fourmis et les abeilles seraient, elles aussi, soulagées, je n’en doute pas ; elles pourraient se sentir rassérénées de voir que leurs organisations sociales semblent établies sur des bases plus solides qu’elles auraient pu le croire.

 

La recherche de la vérité ne serait qu’un prétexte

 

Mettons un terme à ces  divagations de chélonien et revenons à nos moutons. Je te vois mettre en cause le « simplisme». Après avoir « nourri envers moi des pensées laïcistes simplistes » tu n’as pas hésité à me coller l’étiquette de matérialiste athée revêtant, toi, le masque de « spiritualiste œcuménique ». Cela fait beaucoup de ces « ismes » vis-à-vis desquels je deviens de plus en plus allergique. Mais il faut bien vivre en société, n’est-ce pas ?

Quoi qu’il en soit tu reviens ensuite à ce simplisme que tu fustiges, cette fois,  en le rendant responsable de la guerre qui sévit entre créationnistes et évolutionnistes.

Mais quelle importance toutes ces guerres picrocholiennes peuvent-elles avoir ? Les humains se sont battus pour de plus grandes stupidités: l’âme immortelle, l’immaculée conception, le sexe des anges… Pour quoi ne se sont-ils pas battus, au fait ?

 

Il se pourrait que « tout ce sur quoi l’œil de l’esprit a exercé sa sagacité et sa profondeur » ne soit pas la recherche de la vérité mais ne soit « qu’un prétexte à cet exercice, un objet de joie, une occupation d’enfants et de grands enfants. » Je trouve très profonde et séduisante cette idée que Nietzsche a exposée dans un de ses aphorismes que je joins dans ma liste de citations avant de la clore. Dans ce texte, la recherche de la vérité est présentée comme un véritable processus, un jeu sans fin avec lequel l’homme s’amuse comme un enfant qui ne recherche, avec ce jouet original, que son propre plaisir. (Annexe- 5)

 

Alors tu comprends bien qu’il ne faut pas trop leur en vouloir, à certains de ces hommes, lorsqu’on les voit  chercher à se réfugier dans ce que tu appelles le «simplisme». Et n’est-ce pas déjà ce qu’ils ont fait en construisant cette fabuleuse forteresse de logiques, de systèmes, de lois et de principes  qui constitue le monde de la science, temple de la vérité, s’il en est ?

 

Place à la Renaissance humaniste

Je pense que c’est sur ce chapitre du simplisme que j’essaierai de sortir de cet écheveau quelque peu embrouillé que nous essayons de dénouer. C’est bien le propre de toutes les discussions de ce genre : on sait d’où l’on part, puis le temps passe et lorsque l’on se retourne, le rivage est là-bas bien loin derrière.

L’idée qui aura ma préférence pour cette conclusion est que nous devons être assez sage pour entretenir, au niveau individuel et, encore plus, au niveau des sociétés, un espace où les croyances et les erreurs conserverons toute cette vigueur indispensable à la vie ; cette vie que nous pouvons ensuite « employer au service de la vérité ». ( Annexe-6)

Pourtant, s’il est une condition nécessaire au développement de cette troisième Renaissance humaniste, c’est certainement que nous sortions enfin de notre moderne « moyen âge » en acceptant sans réserve l’idée de l’empereur Auguste : « comœdia finita est !». Mais personne n’est obligé d’applaudir!

 

Ainsi parlait Kurma l'Avatar de Vishnu le 1er octobre 2007

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CAUSERIE 7 de Kurma l'Avatar de Vishnu en réponse aux réflexions du Castor le 10/09/07

Cher Castor,

Je te remercie pour tes réflexions du 20 septembre. Elles ont croisé mon message du 1er octobre dans lequel je m’efforçais de répondre à mon amie Mandeika
si angoissée par « les questions premières et dernières ».
Ta comparaison de la terre avec la carapace de mon espèce m’a émue et troublée en même temps